Centre d'Études pour le Financement du Développement Local

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AFRICITES – DAKAR 2012 | Pour un Financement Alternatif du Développement Local.


Du 4 au 8 décembre 2012 s’est tenue à Dakar/Sénégal la 6ème édition du Sommet Africités- avec près de 5000 participants- Le thème de cette rencontre mondiale est au cœur de la problématique abordée par le Centre d’Etudes pour le Financement du Développement Local (CEFDEL) : « Construire l’Afrique à partir de ses territoires : Quels défis pour les Collectivités locales ? »

Dans ce cadre le CEFDEL a été invité par le Fonds Mondial pour le Développement des Villes (FMDV) à présenter sa solution au financement du développement local devant plus de soixante dix (70) participants- constitués des différentes catégories d’acteurs venus d’horizons divers (Représentants de l’Etat, des collectivités locales, de la société civile, du secteur privé, partenaires au développement)

A cette occasion, le Directeur du CEFDEL Monsieur Cheikh SARR a abordé la problématique  du financement endogène pour le développement urbain- dans le cadre d’un partage d’expériences de villes d’Afrique et du monde. Il avait à ses côtés la deuxième adjointe au Maire de la Commune de Saint-Madame Aida Mbaye- qui a partagé l’expérience de Saint-Louis en matière de financement du développement local, et d’autres experts du monde dont :

ü  Monsieur Ali SOUMARE - Conseiller Régional Ile- de-France- qui a traité de la Coopération avec la Région de Dakar autour d’un programme de pépinière d’entreprises durables à dominante agroalimentaire cofinancé par les transferts de fonds des migrants sénégalais-

ü  Et  Daniely VOTTO FONTOURA, Coordinatrice du Bureau des Affaires Internationales de Porto Alegre-qui a présenté le processus d’élaboration du  Budget participatif de Porto Alegre  et développé sur les impacts, opportunités et perspectives intégrant une dimension de coopération avec la ville de Xai -Xai au Mozambique,  dans le cadre d’un programme de peer learning initié par CGLU.

Cette importante session était organisée par le FMDV et s’inscrivait en bonne place dans le cadre des sessions spéciales du Sommet, le programme de la journée du 6 décembre 2012 (de 9 à 12h). Sous la présidence de Ghazi HIDOUCI, ancien Ministre de l’économie et des finances en Algérie, et ancien Président des Gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD),  la modération de cet événement était assurée par  Monsieur Carlos De Freitas, en sa qualité de Coordinateur de l’Institut Palmas Europe et responsable réseaux de diffusion du FMDV.

De notre point de vue la nécessité de changer de paradigme, et de trouver un modèle alternatif de financement du développement local se justifie des effets conjugués maîtrisés ou non de la croissance démographique et de l’urbanisation croissante qui augmentent les responsabilités des élus à satisfaire les besoins en biens et services publics, essentiels des citoyens.

Or les budgets des collectivités locales sont très faibles et elles évoluent actuellement dans un contexte de rareté des ressources au niveau central. De plus, les fonds jadis attendus des circuits de la coopération décentralisée et internationale se font de plus en plus rares et les miettes captées à travers ces sources de financement, ne permettent de donner une réponse concrète à la demande sociale. Force est de souligner que ce contexte morose est aggravé par la participation encore timide du secteur privé, de la diaspora et de la société civile au développement économique local, et surtout par les difficultés d’accès au crédit(le nerf de la guerre comme disait l’autre).

Nous soutenons effectivement que le gros problème se situe à ce niveau, car l’accès au crédit est généralement difficile à cause de la faible bancarisation des citoyens qui préfèrent utiliser des billets dans leurs transactions commerciales. Là se situe également tout le sens de l’intervention du CEFDEL -qui considère que l’amélioration de l’accès au crédit est extrêmement importante dans nos types de pays pour que la liquidité circule, les citoyens trouvent des emplois durables et suffisamment rémunérateurs et que les municipalités soient en mesurer de faire face correctement à leurs responsabilités historiques.

Cela ne sera possible sans une bonne bancarisation des citoyens- Nous proposons au pays, à nos concitoyens et au monde tout entier des monnaies sociales complémentaires (MSC)- qui permettent de régler les problèmes liés à la faible bancarisation des citoyens tout en leur permettant de continuer à utiliser des billets de banque dans leurs opérations d’achat et de vente dans une Communauté Economiquement Intégrée (CEI)- un territoire pertinent que nous avons défini et délimité (voir résultats de nos études sur le site du CEFDEL : RESSOURCES)- (Le monde étant en crise- voir aussi notre article sur le cas de la Grèce).

Entre autres avantages, les MSC permettent aux municipalités de créer un Fonds Urbain d’Investissement (FUI) si elles acceptent de les échanger contre la monnaie nationale avec la collaboration de la Société Financière d’Appui au Développement Local (SFDL) que nous allons créer pour contribuer au développement économique et social du Sénégal. Plus la MSC circulera dans la CEI, plus le FUI sera important en termes de volume de financement, d’infrastructures et d’équipements urbains financés de manière autonome.

C’est pour ces différentes raisons que nous avons poursuivi notre action de plaidoyer à ce haut niveau qui a réuni toutes les sommités du monde entier, pour l’institutionnalisation des MSC à l’exemple du Brésil (appuyé par l’institut Palmas), et des territoires que nous avons nommés : Les Communautés Economiquement Intégrées (CEI) aux activités économiques complémentaires sont des  cités régions comme il en existe dans les pays émergents (cas de l’Angleterre que nous développerons prochainement).

Cheikh Tidiane SARR
Directeur du CEFDEL